Authenticité : être soi… vraiment ?

L’authenticité est partout. Dans les discours de développement personnel, dans la communication, dans le monde du travail, sur les réseaux sociaux. « Sois toi-même », « ose être authentique », « montre qui tu es vraiment ». Mais derrière ce mot-valise séduisant, une question essentielle reste souvent en suspens : de quoi parle-t-on vraiment quand on parle d’authenticité ? Et surtout : comment être authentique avec soi-même, dans une société qui impose des normes, des rôles, des attentes – parfois très éloignées de ce qui nous anime profondément ?

ARTICLE

Lydie Tailland - Coach psycho émotionnel & hypnothérapeute

1/30/20264 min read

L’authenticité n’est pas universelle

Première confusion fréquente : croire que l’authenticité serait une posture unique, un idéal commun, une manière d’être valable pour tous.

Or, l’authenticité des uns n’est pas l’authenticité des autres.
Ce qui est juste pour moi peut être inconfortable, inadapté ou incohérent pour toi.
Ce qui me fait me sentir aligné peut te donner le sentiment de te trahir.

Être authentique, ce n’est donc pas se conformer à une définition extérieure du « vrai soi ».
C’est trouver sa propre cohérence intérieure.

Être authentique, ce n’est pas « tout dire » ni « tout montrer »

On confond aussi souvent authenticité et spontanéité brute.
Être authentique ne signifie pas :

  • dire tout ce qui nous traverse l’esprit,

  • agir uniquement sous l’impulsion de l’émotion,

  • se décharger de ses ressentis sans discernement.

L’authenticité n’est pas l’absence de filtre. C’est la présence de conscience.

👉 Je peux ressentir une émotion forte et choisir comment l’exprimer.
👉 Je peux être fidèle à moi-même sans écraser l’autre.

L’authenticité n’exclut ni la nuance, ni le respect, ni l’ajustement.

Le cœur du sujet : être authentique avec soi-même

Avant de parler d’authenticité dans le monde, dans les relations ou dans la sphère professionnelle, une étape est incontournable : l’authenticité envers soi-même.
Et c’est souvent là que les choses se compliquent.

Pourquoi ?
Parce que nous ne sommes pas toujours conscients de ce qui guide réellement nos choix.

Quand nos décisions sont dirigées par l’inconscient
Une grande partie de nos comportements, de nos réactions et de nos décisions sont influencés par :

  • des blessures émotionnelles anciennes,

  • des croyances limitantes,

  • des schémas répétitifs,

  • des mécanismes de protection mis en place parfois très tôt.

Dans ces conditions, peut-on vraiment parler d’authenticité quand :

  • je dis oui pour éviter le rejet,

  • je fais plaisir pour être aimé,

  • je réussis pour être reconnu,

  • je me tais pour ne pas déranger ?


👉 Ce que je crois être « moi » est parfois surtout une adaptation.

Être authentique, ce n’est donc pas simplement « suivre ce que je fais déjà ».
C’est aller voir ce qui me gouverne en arrière-plan.

Mieux se connaître pour sortir des automatismes

Dans ma vision de l’accompagnement, l’authenticité passe par un mouvement essentiel : mieux se connaître pour sortir des fonctionnements inconscients qui dirigent nos décisions.

Cela implique :

  • d’observer ses réactions sans se juger,

  • de repérer ses schémas récurrents,

  • de différencier ce qui relève du besoin profond de ce qui relève de la peur,

  • de faire de la place à ce qui est refoulé, ignoré ou minimisé,

  • de comprendre la construction de sa structure psychique et de ses fonctionnements biologiques.

👉 Plus je mets de la conscience sur mes fonctionnements, plus je redeviens libre de choisir.
Et l’authenticité commence là : dans la liberté intérieure.

Être authentique, ce n’est pas rejeter le monde

Autre idée reçue : être authentique impliquerait de se couper des normes, des règles ou du collectif.
Or, l’authenticité ne consiste pas à vivre en opposition permanente.

Être authentique, c’est :

  • respecter ce qui m’anime profondément,

  • sans réfuter tout ce qui m’entoure,

  • sans me définir uniquement en réaction.


C’est trouver un équilibre entre :

  • mon monde intérieur,

  • et la réalité extérieure dans laquelle j’évolue.


Accepter que l’autre soit autre

L’authenticité véritable inclut une dimension relationnelle fondamentale :
👉 accepter que l’autre soit autre que moi.

Être authentique ne donne pas le droit d’imposer sa vision, ses valeurs ou son rythme.
Cela demande au contraire :

  • de reconnaître ses propres limites,

  • de tolérer la différence,

  • de renoncer à convaincre à tout prix.


Plus je suis solide dans mon identité, moins j’ai besoin que l’autre me ressemble.

Faire des choix conscients… et en assumer les conséquences

Être authentique, c’est aussi :

  • faire des choix en conscience,

  • accepter qu’ils aient des conséquences,

  • renoncer parfois à certaines sécurités, images ou validations.


Cela demande du courage.

👉 Le courage de dire non.
👉 Le courage de changer de cap.
👉 Le courage de décevoir certaines attentes.

Mais c’est le prix d’une vie plus alignée.

Maintenir son cap dans un monde normé

La société impose des cadres :

  • normes sociales,

  • injonctions de réussite,

  • modèles relationnels,

  • standards de performance ou de bonheur.


Rester authentique aujourd’hui, ce n’est pas ignorer ces normes. C’est choisir consciemment la place qu’on leur donne.

👉 Quelles valeurs je veux incarner ?
👉 Quelle vision guide mes choix ?
👉 Qu’est-ce que je refuse de sacrifier, même sous pression ?

Maintenir son cap, n’est pas associé à rigidité, plutôt à fidélité.
La fidélité à ce qui nous est essentiel.

À quoi ça sert, finalement, d’être authentique ?

D’un point de vue psychologique et émotionnel, l’authenticité a des effets profonds :

  • diminution du conflit intérieur,

  • baisse de l’anxiété liée à la suradaptation,

  • relations plus justes et plus claires,

  • sentiment d’alignement et de cohérence,

  • meilleure estime de soi.


👉 Moins je me trahis, moins je m’épuise.
👉 Plus je me respecte, plus je me sens vivant.

En résumé

Être authentique, ce n’est pas :

  • suivre toutes ses impulsions,

  • rejeter le monde,

  • afficher une version « brute » de soi.


Être authentique, c’est :

  • mieux se connaître,

  • sortir des automatismes inconscients,

  • respecter ce qui nous anime profondément,

  • faire des choix conscients et responsables,

  • accepter la différence,

  • avancer avec cohérence, même dans un monde normé.


L’authenticité n’est pas un état figé. C’est un chemin de conscience.

Et souvent, un chemin de retour à soi.