J'ai choisi de ne pas choisir

Et si le véritable problème n’était pas de vouloir plusieurs choses… mais de croire qu’il faudrait absolument entrer dans une seule case ? Dans cet article, je questionne notre tendance à nous définir à travers une identité unique, un métier ou un modèle de vie “cohérent”. Une réflexion autour de la liberté d’être multiple, d’évoluer, d’explorer différentes facettes de soi… et d’oser construire une vie qui nous ressemble réellement.

ARTICLE

Lydie Tailland

5/17/20263 min read

C’est une question que j’ai souvent entendue.

Parfois avec curiosité.
Parfois avec surprise.
Parfois avec ce petit doute sous-entendu que l’on réserve souvent aux personnes qui exercent plusieurs activités professionnelles.

Comme si faire plusieurs choses voulait forcément dire :

  • être dispersé,

  • manquer de stabilité,

  • ou être moins compétent.

Et pourtant…

Pourquoi devrait-on choisir une seule voie si plusieurs nous animent profondément ?

Pourquoi un informaticien ne pourrait-il pas aussi être ébéniste ?
Pourquoi une secrétaire devrait-elle forcément mettre de côté ses envies artistiques ?
Pourquoi un indépendant ne pourrait-il pas apprécier certaines missions salariées ?
Pourquoi faudrait-il absolument entrer dans une seule définition de soi ?

Je crois qu’au fond, nous avons grandi avec cette idée qu’une vie “cohérente” devait être linéaire.
Très tôt, on nous demande de choisir :

  • une voie scolaire,

  • un secteur,

  • un métier,

  • une entreprise,

  • une stabilité,

  • un modèle.

Comme s’il fallait absolument définir qui l’on est… une bonne fois pour toutes.
Mais la réalité humaine est souvent bien plus nuancée que ça.

Certaines personnes s’épanouissent pleinement dans un métier unique, exercé toute une vie.
D’autres ont besoin de diversité, de mouvement, de complémentarité.
Et aucune de ces façons de fonctionner n’est supérieure à l’autre.

Pour ma part, j’ai choisi de ne pas choisir.

Non pas par incapacité à me positionner.
Mais parce que les multiples activités que j'exerce ont du sens pour moi.
Parce qu’elles m’animent.
Parce qu’elles m’équilibrent.
Parce qu’elles nourrissent différentes facettes de ce que j’aime profondément faire.

J’aime mon métier de communicante et de pilote de projet.
J’aime réfléchir, construire, structurer, transmettre.
J’aime accompagner des professionnels dans leurs projets, favoriser l’idéation, aider à clarifier une vision ou à franchir un cap.

Et j’aime tout autant accompagner des particuliers sur le plan psycho-émotionnel.
Les aider à mieux se comprendre.
À retrouver de l’apaisement. À sortir de certains schémas. À avancer différemment.

Et j’aime aussi ma mission salarié auprès de l’UDAF de l'Aube et de EFA10 dans la coordination du dispositif Complices d’avenir ; un programme de parrainage et mentorat destinés à des enfants confiés et accompagnés par l’aide sociale à l’enfance.

Et pendant longtemps, ces activités ont pu sembler très différentes aux yeux des autres.
Alors que le fil rouge a toujours été le même.
L’accompagnement.

  • Accompagner une réflexion.

  • Accompagner une évolution.

  • Accompagner une structuration.

  • Accompagner un mieux-être.

  • Accompagner un passage.


Finalement, mes activités ne sont pas incohérentes.
Elles expriment simplement différentes manières de répondre à ce qui fait profondément sens pour moi.

Je ne crois pas que cela fasse de moi une personne moins compétente.
Le savoir, je continue de l’acquérir à travers les formations et les apprentissages.
Le savoir-faire se construit avec l’expérience, le temps, la pratique.
Et le savoir-être… se nourrit de tout ce que l’on traverse, comprend et développe humainement.

Être multiple ne signifie pas faire “n’importe quoi”.
Il y a évidemment des limites, des compétences à acquérir, des responsabilités à respecter.
Je ne vais pas m’improviser chirurgienne demain matin.

Mais entre l’hyper-spécialisation imposée et l’improvisation totale, il existe un espace que l’on oublie parfois : celui de la liberté d’être pleinement soi.

Et je crois que beaucoup d’entre nous s’enferment dans des cases sans même s’en rendre compte.

Pas forcément par peur. Parfois simplement par habitude. Parce que c’est le modèle que l’on connaît.
Parce qu’on ne nous a jamais vraiment montré qu’une autre façon de vivre était possible.

Et pourtant, combien de personnes étouffent une partie d’elles-mêmes pour rester cohérentes avec l’image qu’elles pensent devoir renvoyer ?
Combien n’osent pas explorer une autre activité, une autre passion, une autre manière de travailler… parce qu’elles pensent que “ça ne se fait pas” ?

Alors aujourd’hui, j’ai simplement envie de dire ceci : nous avons le droit

  • Le droit de réfléchir autrement.

  • Le droit de construire un équilibre qui nous ressemble.

  • Le droit d’avoir plusieurs facettes.

  • Le droit d’évoluer.

  • Le droit de ne pas entrer parfaitement dans une case.


Et peut-être que “sortir de sa boite”, c’est aussi ça finalement.
Oser aller au-delà des définitions toutes faites.
Questionner ce que l’on croyait immuable.

Sortir des modèles tout faits. Des identités figées.
Des cases dans lesquelles on pensait devoir rester.

Et se demander honnêtement :
“Qu’est-ce qui m’empêche réellement de vivre les choses autrement ?”

Parfois, la réponse est beaucoup plus ouverte qu’on ne l’imaginait.

Alors oui.
J’ai choisi de ne pas choisir. Et surtout…
J'ai choisi de m’autoriser à construire une vie qui me ressemble.

J'ai choisi de ne pas choisir !

"Mais du coup...
tu fais quoi exactement ?"